Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les 3 séquences...

Publié le 12 Février 2010 par Noubar KECHICHIAN in Point de vue

DSC02932J'ai récemment entendu des élus municipaux de la majorité critiquer les boulevards : ceux-ci prétendaient que le projet avait été mal pensé, d'aucuns les qualifiant de "boulevards-musée",  et qu'ils ne seraient pas appréciés des Valentinois qui les déserteraient...

Je souhaite rappeler que la rénovation des boulevards s'inscrivait dans un programme d'actions en vue de redynamiser Valence et son coeur de Ville. Pour résumer, on peut dire que programme s'articulait sur 3 séquences :

    * La première étape a consisté durant le premier mandat de 1995 à 2001 à prendre en main la ville, à réorganiser et à améliorer la performance des services municipaux, et à assainir ses finances pour dégager des capacités d'investissement.
    * La deuxième séquence qui correspondait au mandat 2001-2008 était surtout consacrée aux grands travaux et à l'embellissment du cadre de vie des Valentinois : Rénovation des rues, places et boulevards, propreté et éclairage urbains, plans fleur et lumière...
   * Quant à la troisième séquence, avec la fin des grands chantiers, elle devait être principalement consacrée de 2008 à 2014 à l'animation culturelle, sociale, associative et sportive et à la redynamisation économique de Valence. Mais les Valentinois en ont décidé autrement...
L66806 HD0251970
Les Valentinois aiment leurs boulevards. Ils sont fiers de leur ville et de la manière dont elle a été embellie. Mais lorsque certains élus en salissent l'image, lorsqu'ils les inaugurent en catimini en marge d'un autre événement et sans inviter la population, lorsqu'ils les critiquent et les délaissent à la seule raison que c'est une équipe précédente qui a initié ce chantier, il ne faut pas alors s'étonner de voir cette même population ne pas suffisament s'emparer de cet espace.

Les boulevards ont été pensés et réalisés afin de permettre aux Valentinois de s'y retrouver et de communier autour d'événements sportifs, culturels, commerciaux ou festifs. Ils méritent une véritable et ambitieuse politique d'animation.
Commenter cet article

Noubar Kechichian 21/02/2010 15:37


Cher Riri,

Mon approche raisonnée de la question ne doit pas laisser croire que je suis opposé à l'accroissement de la population valentinoise.

Pour qu'une ville grandisse et pour que sa population puisse croître, il ne suffit pas de construire des habitations. Il faut aussi un développement économique permettant aux habitants d'avoir du
travail. C'est bien ce qu'il se passe à Montélimar.

Il me semble enfin qu'il y a des ilôts prioritaires au quartier Cherreton, notemment dans le coeur de la vieille ville (quartiers Baro ou Chauffour par ex).

Pour le reste je partage globalement vos points de vue.

Merci cher Riri d'enrichir le débat. J'invite d'autres lecteurs à ne pas hésiter de donner leur opinion.


Riri 21/02/2010 12:57


L'opération "boulevards" est réussie mais elle est incomplète et si les Valentinois veulent remplir et réellement animer leurs boulevards ils auront de nouveaux efforts à fournir. Une ville est en
constante évolution, les habitants doivent l'accepter.

Cher Noubar, densifier l'habitat et construire des logements autour des boulevards (surtout au nord-est, entre le Polygône et Latour Maubourg) n'est pas forcément ce qui coûtera le plus cher si on
confie cette mission à des opérateurs privés.
Pour Charreton, raser 3 immeubles et des parkings de surface ( charreton ...ce n'est pas un quartier)et reconstruire un vrai quartier d'habitat mixte, c'est une opération de restructuration urbaine
qui peut coûter cher, mais qui peut être très rentable pour le commerce à moyen terme (et donc pour la ville). Et surtout cette opération aurait l'avantage de reconstituer une continuité dans le
tissu urbain de ce secteur, de valoriser et d'embellir la partie Nord des boulevards et donc de l'entrée du centre ville. Il faut modifier le visage de la ville, offir une vitrine plus attractive
dans ce secteur.
Par ailleurs, je suis surpris de constater combien il semble difficile d'admettre à Valence qu'il faut que la population augmente pour assurer le développement économique et le renouvellement
générationnel, cela semble être un sujet tabou. Ca ne l'est pas dans la plupart des villes dynamiques. Seul M.Bouchet a timidement évoqué cela dans un de ses récents posts, mais sinon on a
l'impression qu'il ne faut pas que les choses évoluent à Valence. Démographiquement la ville doit passer un cap au risque de stagner et de régresser. Prenez l'exemple de Montélimar, le maire n'est
pas complexé, il affiche clairement la couleur, il veut voir la population de sa ville augmenter, il construit des logements, et sa ville se porte bien ... et il est réélu.
Pour le culturel, bien que nous ayons des équipements de qualité (lux, cdn, cpa, cartoucherie...), il manque à Valence une vraie salle de concert moderne avec une grande capacité d'accueil et un
théâtre indépendant de la Comédie qui proposerait une programmation axée sur la création privée. Il est absurde et faux de faire croire aux Valentinois que seules des productions théâtrales créées
par le Théâtre Public sont valables. Il faut de la diversité. Nous avions auparavant la possibilité de voir sur scène des acteurs connus, désormais c'est fini. Plus de théâtre de boulevard, Valence
échappe à tout un pan de la création en matière de spectacle vivant, aujourd'hui tout est institutionnalisé, je trouve cela un peu lourd et finalement pas assez ouvert à tous les publics. Mon idée
n'est pas de construire un théâtre mais plutôt de réinvestir un lieu existant (telles que les anciennes "nouvelles galeries")et de l'aménager en fonction. Permettez-moi de vous dire que si ces deux
équipements là étaient réalisés, les boulevards et tout le centre en profiteraient largement. Avant ou après un concert ou un spectacle les gens vont dîner ou boire un verre...

Sur l'animation évenementielle, c'est important certes mais déjà il faudrait commencer par réinvestir le centre-ville lors des fêtes de l'été. Toute la programmation au Parc Jouvet... cela rend le
reste de la ville très mort. J'aimais bien les concerts place des clercs, des ormeaux et Belat, pourquoi est-ce fini ? Sont-ce les riverains qui se plaignent ? Faut-il habiter en ville lorsque l'on
souhaite être au calme ? Sont-ce des raisons de sécurité ? On ne fait plus rien alors ? Et comment font-ils à Avignon pendant le festival ? Remettez les fêtes de l'été dans la vieille ville et vous
verrez que les boulevards se rempliront au moins l'été.

Merci aux weblecteurs pour leurs infos !
;-)


Noubar KECHICHIAN 19/02/2010 02:02


Voir aussi "Mémoire de la Drôme" ...


comete26 18/02/2010 18:03


c'est beaucoup de choses... espérons que vous ayez raison !
pour Mr Riri, concernant les photos de l'ancien quartier Charreton, allez voir Monsieur DEVAL, photographe avenue Victor Hugo (face à fnac), c'est une vraie mine d'or concernant l'histoire (en
photos) locale.
bien à vous


Noubar KECHICHIAN 17/02/2010 18:07


Je comprend la nostalgie de Comète26 ! Il y a une sorte de sinistrose publique qui s'est installé chez les Valentinois, mais aussi chez pas mal de Français.
Par contre, Comète26 se trompe sur les raisons. Ce n'est pas parce que nous avons rénové les boulevards que les Valentinois ont perdu le goût de vivre. Nous avons toujours autant besoin de moments
conviviaux. Pourtant il y a bien eu un changement : La convivialité publique s'est peu à peu transformée en une convivialité de plus en plus privée.

J'attribue cela à plusieurs raisons : En premier lieu, l'effet combiné de l'interdiction de fumer dans les lieux publics et le renforcement de la lutte contre l'alcoolémie ont modifié le
comportement des Français. D'autre part, la profonde crise économique que nous traversons a diminué notre pouvoir d'achat.

les Valentinois s'invitent donc de plus en plus les uns les autres à leur domicile. Autour d'une bonne table, ils apportent quelques bouteilles et fument et boivent en toute liberté et quiétude.
Des soirées Wii, DVD ou autres karaoké ont remplacé petit à petit les moments festifs dans les bars, restaurants ou discothèques... Sans parler des téléviseurs et ordinateurs qui sont pour beaucoup
leur principal compagnon.

La lutte pour une meilleure sécurité sur les route et contre les méfaits du tabac et de l'alcool a eu certes quelques effets positifs sur notre santé. Mais elle a aussi contribué à nous
recroqueviller sur notre sphère privée. Moins sortir est devenu une habitude... C'est là un réflèxe dangereux pour la démocratie.

Un dernier point qui est loin d'être neutre sont les prix pratiqués par certains commerces du centre ville. Aller au café ou au restaurant est presque devenu un luxe.

Pourtant le besoin de se réunir et de communier est encore fortement ancré chez les Valentinois. On le voit à l'occasion des grandes fêtes et manifestations organisées au centre ville.

Alors cher Riri, vous proposez des équipements culturels, de raser certains quartiers, d'en construire d'autres, de densifier... pourquoi pas mais en avons nous les capacités financières ? Il me
semble que la solution est plus simplement un vrai plan de relance pour nos boulevards, avec des animations et manifestations publiques nombreuses, variées et régulières. Ces manifestations doivent
être prises en charge par la ville pour permettre l'accès au plus grand nombre et des plus défavorisés.

Une telle politique nécessite aussi l'amélioration de l'accès au Centre (qui est correcte) mais surtout le stationnement. Seuls des parkings gratuits (crise économique oblige) situés dans
l'hypercentre, c'est à dire nécessitant à pied 3 à 4 minutes maximum pour rejoindre les boulevards, pourront encourager les Valentinois à revenir au centre ville.