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Le label "Fait maison" ne remplace pas le bon sens du client.

Publié le 16 Juillet 2014 par Noubar KECHICHIAN in Point de vue

LabelFM.jpgVous n'avez pas pu échapper à l'information sur la publication du décret concernant le label "Fait maison" dans la restauration. Journaux, talk-shows et nombre d'interviews et de reportages télés y ont été consacrés. Et comme d'habitude, nous avons eu droit au traditionnel flot de mécontents :

 

Tout d'abord des restaurateurs qui trouvaient que le texte n'allait pas assez loin oubliant que nous avons déjà des labels tels "Maître Restaurateur" ou "Restaurateur de France" auxquels ces derniers peuvent postuler s'ils veulent se démarquer.

 

D'autres consommateurs se plaignaient qu'avec ce label "fait maison" le restaurateur puisse utiliser des viandes ou légumes coupés ou surgelés. Ces mêmes consommateurs qui n'hésitent souvent pas à acheter pour leur propre alimentation et celle de leurs enfants de la junk-food de premier prix chez les discounters souhaiteraient que les restaurateurs aillent se fournir chez les producteurs locaux, deviennent des esclaves 20heures par jour (à moins d'embaucher des salariés qui coûtent chers) pour leur éplucher et couper leurs fruits frais, désossent et travaillent les viandes, enlèvent les peaux et arètes des poissons et tout cela en leur facturant leurs repas moins chers que les fastfoods ! Bien entendu, la gestion des stocks et des pertes ne les regarde pas.

 

Enfin j'ai entendu sur RMC chez les GG, une proposition de rendre obligatoire dans chaque restaurant la présence d'un cuisinier diplômé, comme chez les coiffeurs, mais je n'ai pas saisi si la personne qui le demandait était prête à payer son repas de midi au prix d'une coupe-champoing-brushing...

 

Il faut raison garder. L'objectif de ce logo est de permettre aux clients de savoir si leur plat a été cuisiné sur place ou juste acheté et réchauffé. De plus, ce logo ne garantira rien et n'arrêtera pas les tricheurs. Le client est le vrai garant de la qualité d'une cuisine. Lorsque vous n'avez pas aimé une cuisine, dites le au propriétaire du restaurant, donnez lui une seconde chance car un accident, cela peut arriver. Mais si cela se confirme, n'y retournez plus, parlez en à votre entourage, informez les autres consommateurs par un avis sur internet. Un mauvais restaurant doit être boycotté. Par contre, dans le cas opposé, félicitez et promouvez les restaurants que vous avez appréciés.

 

J'avoue aussi être surpris par cet engouement pour une cuisine faite maison et de qualité alors que les rayons snacks et cuisine surgelée des supermarchés ou le nombre de sanwicheries, de fast-foods et autres barraques à frites ne cesse d'exploser dans l'héxagone.

 

L'éducation au goût et à une cuisine saine devrait commencer dès le plus jeune âge mais nombre de mamans actives n'ont plus le temps de cuisiner. Ainsi dès le plus jeune âge, nombre de personnes sont conditionnées et habituées au goût de la restauration collective. Pour anécdote, dans mon restaurant Le Rapido, nous cuisinons des plats du jour originaux et savoureux (ce sont nos clients qui nous le disent), nous avons nos recettes maison de sauces accompagnant nos tagliatelles, nous préparons notre propre pâte et sauce à pizzas... et malgré tout, il y a toujours de jeunes clients qui vont préférer manger un saucisses/frites, steak/frites ou un croque-monsier/frites pour à peu près le même prix qu'un plat du jour.

 

Ma suggestion : Soyez ouvert, soyez curieux, laissez vous tenter par de nouveaux goûts, élargissez votre palette gustative, et faites confiance aux professionnels de la restauration, souvent nous donnons le meilleur de nous-même pour vous satisfaire.

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