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L'équilibre des chances !

Publié le 22 Janvier 2012 par Noubar KECHICHIAN in Présidentielles 2012

Pendant des années l’ascenseur social a été la traduction concrète du rêve républicain de l’égalité des chances. Des fils d’instituteurs passés par l’École Normale Supérieure accédaient aux plus hautes fonctions de la République en incarnant cette réussite.

Aujourd’hui cet ascenseur social est en panne. Il se crée une exclusion qui frappe à des degrés divers des fractions de plus en plus importantes de Français. Des populations marginalisées aux classes moyennes, une génération entière est actuellement en train de faire l’expérience pour la première fois dans l’époque moderne, d’une baisse de niveau de vie comparé à celui  de ses parents.

Les oubliés de l’égalité des chances sont de plus en plus nombreux.  

- Deux tiers des enfants d’enseignants et plus de la moitié des enfants de cadres ont un diplôme supérieur ou égal à Bac+3. Pour les enfants d’ouvriers non qualifiés ou d’inactifs, ce taux est de 10 %.

- Le taux de chômage des personnes en situation de handicap s'élève à plus de
20 %, soit près du double de la moyenne nationale.

- Les femmes sont souvent les salariées les plus précaires, avec des temps partiels subis. Pour les mêmes compétences et le même poste, elles sont payées en moyenne 20 % de moins que les hommes. L’inégalité est flagrante, tant dans le monde professionnel que dans la sphère politique : en 2009, seulement 18,5 % des députés sont des femmes.

- Dans les zones urbaines sensibles, le taux de chômage est jusqu’à deux fois supérieur à celui de l’ensemble du territoire, les jeunes étant les plus touchés, près de 40 % parfois.

Rétablir l’équilibre des chances, c’est à la fois redonner l’espoir à ceux qui sont exclus de l’accès à la réussite et placer chacun devant ses responsabilités. C’est à la fois refuser l’assistanat qui ne peut qu’être une solution provisoire et illusoire, et utiliser pour le bien commun des potentiels ignorés. C’est retisser du lien social et rétablir des relations humaines pour redonner corps à notre communauté nationale.

 

1. Donner sa chance à la France héritière de l’immigration

 

La diversité de la société française est une richesse et les quartiers populaires regorgent de talents, de jeunes qui déploient une énergie considérable pour réussir. Ces Françaises et ces Français héritiers de l’immigration sont une chance et une richesse pour notre pays dans un monde global. Cessons l’amalgame entre immigration et insécurité. Il y a tellement de talents dans nos banlieues que  même les Américains s’y intéressent ! Washington recrute nos jeunes diplômés directement dans les quartiers populaires de Paris, Lille ou Marseille, car les Américains savent que dans un monde globalisé, avoir deux cultures plutôt qu’une, c’est un atout. Parler trois langues au lieu de deux, c’est une chance pour faire la promotion de ses produits. 

Pour donner sa chance à la France héritière de l’immigration, il faut sortir du carcan des politiques de zonage des territoires pour s’adresser directement aux personnes.

Pour combler les limites de la politique de zonage, il est en effet nécessaire d’accorder une  place à l’individu, aux besoins particuliers, afin d’apporter une solution à chacun. Il faut diriger cette politique vers les individus qui concentrent les inégalités de revenus, de destin, de naissance et de formation, et ce, où que soit leur logement et quels que soient leur nom de famille ou leur couleur de peau.

Cette politique en faveur de l’équilibre des chances ne doit pas reposer sur des statistiques ethniques, car ce n’est pas notre culture, et surtout, ce n’est pas notre idée de la République. Cette politique doit se fonder sur des critères sociaux, qui sont les seuls valables pour définir les besoins, les attentes et ainsi trouver les bonnes solutions.

Pour assurer l’équilibre des chances nous devons porter l’idée d’une
« mobilisation positive »,  qui regarde avant tout chez les citoyens leur potentiel plutôt que leurs lacunes, qui voit en chaque individualité une richesse plutôt qu’un fardeau. Nous devons porter l’idée d’une société humaine, solidaire, et reconnaissante à chacun. Une société qui considère que les héritiers de l’immigration contribuent à la richesse et à la diversité de notre pays, de notre culture.

 

2. Changer notre regard sur le handicap

 

Malgré des améliorations sensibles, notamment depuis la loi du 11 février 2005, beaucoup reste encore à faire pour améliorer la vie quotidienne des personnes handicapées,  faciliter leur intégration dans la société française d’aujourd’hui et dans le monde du travail.

Les personnes handicapées qui ne sont pas en capacité de travailler vivent dans une situation matérielle et financière précaire. Le fait qu’elles aient de telles difficultés à emprunter auprès de leur banque est une injustice inadmissible. 

La question du handicap revêt également de nombreux aspects sociaux. La prise en charge demeure très inégale selon l’origine sociale de la personne handicapée. Les milieux modestes rencontrent des déficiences plus fréquentes et plus de difficultés concernant la gestion du handicap dans la vie quotidienne. 

La gestion du handicap ne doit pas être conditionnée à un niveau social, sous peine de mettre à mal de protection sociale « à la Française » : le bien-être et la prise en charge médical constituent des droits fondamentaux dans un pays comme la France.

Nous devons changer notre regard et renforcer l’insertion professionnelle des personnes handicapées, car les maintenir exclus du monde professionnel représente un véritable cout économique pour la société. Les handicapés ne sont pas des quotas !

Cela commence dès l’école, avec pour priorité la scolarisation des enfants handicapés dans les mêmes établissements que les enfants valides dès lors que cela est possible, avec les adaptations nécessaires de notre système scolaire et éducatif.

Si les entreprises rencontrent souvent des difficultés pour recruter des personnes en situation de handicap, c’est notamment parce que leur formation ne correspond pas aux besoins du marché. Les entreprises ont besoin de salariés de plus en plus formés, et il est parfois difficile de trouver des personnes en situation de handicap diplômées à bac+2. C’est pourquoi il faut aussi permettre leur intégration dans les universités et développer les formations des personnes handicapées dans les métiers de demain, dans les nouvelles technologies, par exemple.

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