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Espoirs et déboires de l'UDI

Publié le 31 Juillet 2014 par Noubar KECHICHIAN in Nouveau Centre

UDI-copie-1.jpgVoici en quelques mots mon idéal de société : Une économie de marché avec juste ce qu'il faut de garde-fous, des libertés individuelles assurées, un système de solidarité sociale modeste et responsable qui évite les phénomènes d'assistanat, Respect des traditions et valeurs qui durant des siècles ont régi les rapports entre les membres de notre société, y apportant des repères solides et assurant sa cohésion.

 

Pour ces raisons, je me suis toujours situé dans le courant de la Droite républicaine et du Centre. J'ai construit et renforcé mon expérience de la politique locale sous les mandats municipaux de Patrick Labaune et de Léna Balsan (Tous deux UMP).

 

Après la défaite aux municipales de 2008, j'ai siégé dans l'opposition. La "droitisation" de l'UMP et l'absence de vraies réponses aux attentes de nos concitoyens m'a naturellement amené à regarder vers le Centre. Le Nouveau Centre d'Hervé Morin avait été créé en 2007 et cherchait des forces vives pour son maillage territorial.

 

C'est avec enthousiasme que je me suis lancé dans cette aventure avec l'espoir de créer un vrai Centre populaire, qui s'appuierait sur une très forte base militante avec un grand nombre d'adhérents. J'avais l'espoir de ne pas voir se reproduire le schéma d'une UDF d'élus locaux et de notables et le système d'"amités" et de tractations de couloirs, loges ou autres arrière-salles. Je rêvais aussi que le Centre droit qui avait explosé en 2007 puisse se recomposer autour du Nouveau Centre qui jouerait un rôle de colonne vertébrale pour le Centre droit avec de vraies propositions aux difficultés que rencontrent nos concitoyens.

 

Malheureusement, chassez le naturel et il revient au galop : Nombre d'adhérents, de responsables et d'élus du Centre droit ont par reflexe reproduit les travers inhérents à l'UDF. Aux actions de terrains, d'information, de recherche d'adhérents, certains ont été préférées les courses aux titres et postes ronflants, aux présidences et secrétariats nationaux de sous partis, aux places dans les élections, avec des guerres fratricides, des multiplications de sous courants et de baronnies locales, héritages du temps jadis... Outre ces "délicatesses" internes, l'OPA sur le Centre d'un Jean Louis Borloo fraichement converti avec la création de l'ARES puis de l'UDI a porté un coup dur au Nouveau Centre. Celui-ci n'a pas pu imposer Hervé Morin comme candidat du Centre aux Présidentielles de 2012 et a sacrifié la présidence de l'UDI au profit de JL Borloo sur l'autel de l'Union sacrée des Centristes.

 

Ah, il était beau à l'octobre 2012, le tableau d'un centre droit ressuscité, d'une UDI unie et soudée autour de JL Borloo. Cette union a même été poussée jusqu'au Modem de François Bayrou avec l'Alternative. Mais en vérité, tout cela ne repose sur rien de vraiment solide et le décor de carton pâte ne semble servir qu'à créer l'illusion.

 

Et pour preuve, lorsque le Président providentiel rencontre de graves ennuis de santé et après de longs mois d'attente, il délaisse tous ses mandats et postes politiques, la guerre de succession démarre immédiatement. Les candidatures de chaque composante politique de l'UDI montrent que la mayonnaise n'a pas pris et que l'automne risque d'être très chaud pour les centristes qui pourraient voir leur parti rencontrer les mêmes déboires que ceux de l'élection de la présidence de l'UMP.

 

Enfin, une autre faiblesse : Pour être plus crédible auprès de la population, il serait utile que l'UDI réaffirme régulièrement son indépendance politique, et le prouve en soutenant ses vrais militants et adhérents plutôt que de se satisfaire d'un rôle de variable d'ajustement aux ordres de l'UMP. La faiblesse du score de l'UDI aux Européennes devrait servir d'avertissement à ses responsables.

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