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L'exil fiscal de Gérard Depardieu

Publié le 26 Décembre 2012 par Noubar KECHICHIAN in Point de vue

depardieu-copie-1.jpgLorque l'affaire Depardieu a été rendue publique, j'ai dans un permier temps regretté sa décision de quitter la France. Puis j'ai été beaucoup plus critique suite à sa lettre ouverte publiée dans le JDD. Que Depardieu cherche à défendre ses intérêts peut se comprendre. Qu'il quitte le territoire national pour payer moins d'impôts, c'est sa décision. Par contre, je n'accepte pas qu'un éxilé fiscal se fasse le porte drapeau de la lutte pour une meilleure gestion de la dépense publique.

 

De plus, l'affaire Depardieu est compliquée car elle touche des sujets sensibles et les oppose : Une certaine idée du vivre ensemble, la défense des libertés individuelles et la gestion publique catastrophique de notre pays ces 30 dernières années.

 

Nous avons le plus beau modèle de société, de protection sociale, de répartition des richesses, et bien entendu, cela a un coût : Environs 18 millions d'"actifs", en plus de leurs personnes, font vivre 46 millions de Français : Cela représente 14,5 millions de - de 18 ans, 15,5 millions de retraités, 3 millions de chômeurs, 7 millions de fonctionnaires, 2,5 millions d'étudiants, et 4 millions de "RMIstes".

Depenses-publiques-France-Allemagne-OCDE.png

Nous pourrions certes affiner cette présentation, rappeler que les fonctionnaires paient des impôts ou que les retraités ont cotisé, que les services des collectivités générent des recettes, etc... Ma présentation simplifiée des charges de la collectivité permet de prendre conscience que grosso modo 70% de la population vit grâce aux 30% d'actifs. Chacun peut alors comprendre que cela peut être lourd à supporter pour ceux qui paient, surtout lorsque l'on voit les mauvaises décisions prises par les gouvernements et les collectivités, les excès en tous genres, la gabegie et que rien n'est fait pour changer sensiblement cette situation. 

 

Face à cette situation, on peut avoir plusieurs approches : S'engager par exemple dans des actions associatives ou des  mouvements politiques qui souhaitent changer cette situation. De leur côté, Depardieu et ses semblables ont choisi l'individualisme : je pense d'abord à ma pomme, je pars, je ne paie plus et que chacun se démerde. Ne comptez pas sur moi pour applaudir. Mais regretter l'attitude de ces individualistes ne veut pas dire excuser l'attitude encore plus irresponsable du gouvernement et des collectivités qui aggravent la situation au lieu de prendre les décisions énergiques pour redresser le pays. La solidarité pour qu'elle perdure doit être équilibrée. Les 70% de la population qui vivent grâce aux 30% d'actifs devraient le comprendre.


Ma critique de l'attitude de Depardieu n'est en aucun cas un appel à la limitation les libertés individuelles. Son attitude s'apparente pour moi à celle d'un chef de famille qui face à des difficultés abandonne compagne et enfants par égoïsme, désespoir ou égarement. La réforme de notre gestion de la dépense publique est vitale et dans cet effort, je souhaite juste que les plus faibles et démunis ne soient pas les victimes de l'incompétence de dirigeants (politiques, économiques...) qui eux ne connaissent pas de fins de mois difficiles.

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julius 06/01/2013 18:33

Je crois bien qu'ils partent tous avec l'agence Partir un Jour :) (http://partirunjour.fossite.fr/)