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De la réforme des rythmes scolaires

Publié le 14 Mai 2013 par Noubar KECHICHIAN in Valence

rythme-scolaire.jpgA quoi doit servir la réforme des rythmes scolaires ? Répondre à une attente des parents ? Etaler le temps de travail pour générer moins de fatigue pour les enfants ? Leur offrir des activités socioculturelles ? Faciliter la vie des instituteurs ? Toutes ces réponses sont nécessaires mais pas suffisantes. La réforme doit avant tout permettre la réussite scolaire des enfants et plus particulièrement une nette amélioration des savoirs de base : Lire, écrire et compter.

 

Je félicite M. le Maire pour sa très large consultation de toute la population valentinoise même si je ne suis pas dupe des arrières pensées politiciennes. Nous aurions aimé une consultation similaire sur l’agglomération géante qu’il impose aux Valentinois par exemple.

 

Etat des lieux

 

Depuis 2008, les élèves français ont 24 heures d’enseignement répartis sur 4 jours. Parmi les pays de l’OCDE, les écoliers français ont le nombre de jours d’école le plus faible : 144 jours contre 187 en moyenne. Les écoliers français ont donc des journées plus longues et plus chargées que les autres élèves des pays de l’OCDE.

 

Le gouvernement a annoncé son intention de passer à la «semaine de 5 jours» dans les écoles primaires. Le principe général de cette réforme est de ventiler la semaine scolaire de 24 heures sur 4,5 jours (lundi, mardi, jeudi, vendredi et mercredi matin) à raison de 5h30 par jour et de 3h30 par demi-journée. Il est donc prévu que les cours se terminent à 15h45, les enfants restant à l’école jusqu’à 16h30. Ces 45 minutes restantes peuvent être travaillées si elles sont prises en charge par les communes.

 

Ces dernières pourront demander, par dérogation à l’inspection d’académie, le fonctionnement de l’école non pas le mercredi matin mais le samedi matin. Cette réforme s’applique à la rentrée 2013. Toutefois, Monsieur le Maire de Valence a demandé le report en 2014.

 

Pour les communes mettant en œuvre cette réforme en septembre 2014, seules celles qui sont éligibles à la DSU ou la DSR pourraient prétendre à une aide de 45 euros par enfant. Le coût de cette réforme pour les communes a été évalué à environ 150 euros par élève. A cela s’ajoute une charge financière pour les départements qui doivent réorganiser les transports scolaires.

 

Avec ce projet, nous aurions souhaité une vraie réforme des rythmes scolaires, qui ne sont plus adaptés à nos modes de vie. Malheureusement, le gouvernement fait fausse route tant sur le fond que sur la forme.

 

S’agissant de la méthode, l’absence de concertation va conduire la réforme des rythmes scolaires dans le mur : Par l’annonce prématurée et non concertée de cette volonté quelques heures après sa nomination au Ministère de l’Education, M. Peillon, a réussi l'exploit de briser le consensus qui s'était formé sur la nécessité de repenser le temps scolaire.

 

En effet, le gouvernement n’a pas daigné consulter les élus locaux qui sont pourtant bien placés et concernés pour se prononcer sur cette question. Vincent Peillon ne tient également pas compte des avis défavorables concernant son projet, tel que celui rendu par le conseil supérieur de l’éducation.

 

S’agissant du contenu de la réforme, nous pouvons émettre de profondes inquiétudes sur plusieurs points :

 

Tout d’abord, aucune évaluation n’a été faite quant à l’impact financier d’une telle réforme. Malgré des aides prévues par le projet Peillon, celles-ci ne compenseront jamais la baisse des dotations que subit Valence et les charges nouvelles générées.

 

Que se passera-t-il lorsque ce soutien financier promis pour 2013 disparaîtra ?

 

Autre question fondamentale soulevée par ce projet : qui prendra en charge les enfants entre 15h45 et 16h30 ?

 

La municipalité devra ainsi débloquer des moyens financiers supplémentaires pour recruter du personnel qualifié, afin d’encadrer les enfants, et pour l’instauration de nouveaux circuits de transports. Comment la municipalité compte financer ces dépenses qui resteront à la charge de la commune ? Par de nouvelles augmentations des impôts ? Cette interrogation explique peut-être la décision de M. le Maire de reporter cette réforme après les élections municipales.  

 

Nous devons aussi pouvoir prendre en considération la diversité des situations liées aux spécificités de chaque quartier et de chaque établissement : Une solution consisterait à redonner de la liberté et de l'autonomie aux chefs d'établissement qui, dans le respect d'un cadre national, sont les plus à même d'adapter les rythmes scolaires en accord avec la communauté enseignante et les représentants des parents d'élèves.

 

Enfin, cette réforme devrait nous permettre de chercher un nouvel équilibre entre les enseignements académiques et le soutien aux activités culturelles et sportives en milieu scolaire, à l'instar de ce qui existe dans la plupart des pays d'Europe.

 

Pour conclure, je reprendrais les conclusions du Snuipp-FSU, principal syndicat du primaire, pour qui ce projet est "incomplet, bricolé et insatisfaisant". Nous aurions pu faire l'économie de cette réforme.

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