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Antranik Kechichian : Une vie au service de l'arménité

Publié le 31 Mai 2014 par Noubar KECHICHIAN

Antranik Kechichian est né le 30 mai 1929 à Beylan, dans le Sandjak d'Alexandrette alors sous mandat français. Il n'a rien oublié et raconte parfois avec mélancolie les champs où il jouait avec ses 5 frères et soeurs, son village et les maisons, derniers vestiges de la Petite Arménie.

 

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Son père Mathios Agha, notable de Beylan avait participé à la création de la section locale de l'UGAB (Union Générale Arménienne de Bienfaisance) et avait fait adhérer Antranik dès l'âge de huit ans, lui donnant le goût de la vie associative et faisant de lui 77 ans plus tard le vétéran mondial des adhérents de cette association.

 

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Durant les années 1938 - 1939, pour ménager la susceptibilité de la Turquie, la France va progressivement laisser le Sandjak d'Alexandrette passer aux mains d'Ankara. Sans protection, pour éviter d'être massacrée, comme nombre d'Arméniens de cette région, la famille Kechichian n'aura d'autre choix que de fuir, laissant tout derrière elle. Elle trouvera réfuge à Beyrouth au Liban. Ces événements marqueront profondément tant ses parents que ses frères et soeurs.

 

Le jeune Antranik est passionné par le dessin et la menuiserie. Il se dirige vers des études d'architecture et de décoration d'intérieur, et après quelques années d'apprentissage, il reprend à son compte le Cabinet Momdjian.


Sportif accompli, Antranik court, pratique le ski, le tennis et le cyclisme. Au début des années 1950, Antranik sera par trois fois champion du Liban de course de 10000 mètres. Membre du "Ho-Yetch-Et" (jeunes de l'UGAB), il rassemble autour de lui nombre de sportifs et fera de la section de Beyrouth l'une des plus performante du Liban. Ses équipes remporteront nombre de tournois que cela soit au Liban ou lors des Jeux internationaux "Navassartian" de l'UGAB.

 

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Antranik collabore aussi au journal "Zartonk". Il crée et développe la chronique sportive du journal. Cette activité éveille en lui la passion de l'ecriture et de la langue arménienne qu'il assouvira des décennies plus tard par l'écriture d'un volumineux recueil de poèmes. Très actif sur le plan politique et associatif au cours des années 50 et 60, Antranik s'engage au sein du Centre Culturel Tekeyan dont il deviendra le 1er Secrétaire et milite au sein du parti politique ADL Ramagavar dont il sera le plus jeune membre du bureau mondial.

 

Dans sa vie privée, il rencontre Hermine qu'il épouse en 1966. Le couple donnera naissance à 4 enfants : Noubar, Shahnour, Asbed et Antranik Jr.

 

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En 1976, le Liban entre dans une terrible guerre civile. Antranik place sa famille en France à l'abri du conflit le temps que la situation se calme. Mais la persistance de la guerre rendra cette mesure provisoire définitive. Antranik délocalise aussi son activité professionnelle à Djeddah en Arabie Saoudite où il exercera durant 5 ans. En 1981, Antranik rejoint définitivement sa famille en France.

 

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A nouveau, il s'adonne très vite à sa passion : Le développement de la vie associative et politique de la communauté arménienne. Il commencera par rassembler des jeunes au sein de l'UGAB autour de l'activité du scoutisme. Par ses méthodes originales, son enthousiasme et son activisme, et soutenu tant par sa direction nationale qui le nomme "Délégué culturel et social" que par les responsables locaux, il réussit à créer une dynamique au sein des sections de l'UGAB du sud de la France. S'inspirant des jeux "Navassartian", il organise dès 1988 des rencontres sportives entres les jeunes des sections françaises puis bientôt européennes, rassemblant chaque année plusieurs centaines de jeunes d'origine arménienne à Nice, Genève, Lyon, St-Chamond, Paris, Marseille, Valence, Anvers, ou encore Grenoble.

 

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En parallèle, il réunit des adhérents et réactive dès 1984 des sections de l'ADL Ramgavar à Paris, Lyon, Valence et Marseille, sections qui avaient cessé leur activité depuis la seconde guerre mondiale. Il initiera en 1985 à Valence l'organisation d'une veillée au flambeau le soir précédant le 24 avril, une manifestation qui sera progressivement adoptée par la jeunesse arménienne dans nombre de villes de France.

 

Depuis 2001, Antranik Kechichian a progressivement réduit son engagement. Il profite à présent d'une retraite bien méritée après une vie très active et remplie au service des siens et de l'arménité. Il vient de fêter son 85ème anniversaire entouré de ses enfants et petits enfants et son épouse Hermine qui aura été et reste plus que jamais son plus fidèle soutien.

 

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