Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 01:48

Ce matin, Radio France Bleu Drôme Ardèche avait invité M. Patrick Labaune, Député de la première circonscrition de la Drôme et ancien Maire de Valence pour évoquer sa proposition de reverser 10% de ses indémnités de Député à des associations caritatives.

 

M. Labaune a aussi été interrogé par les journalistes à propos des prochaines municipales. Il me semble que la question des municipales est vraiment prématurée et à plus de deux ans de l'échance, ce n'est absolument pas la priorité des Valentinois que je rencontre.

 

 Durant cette interview, j'ai aussi entendu M. Patrick Labaune me citer parmi des candidats potentiels à la Mairie de Valence. Je remercie M. Labaune pour cette marque de considération que je reçois comme une reconnaissance de 25 ans d'engagement associatif et politique au service des Valentinois.

 

S'il est vrai que l'avenir de Valence est une préoccupation importante, je souhaite aussi préciser que je place mon engagement politique dans une logique plus collective que personnelle. Avec la famille centriste, nous avons des propositions à formuler et nous participerons à la rédaction d'un projet municipal pour le prochain mandat.

 

Les Valentinois attendent des élus une attitude responsable : Les "Je" devraient s'effacer au profit d'un "Nous" et j'espère que tous ensemble, nous saurons nous réunir le moment venu autour du candidat ou de la candidate qui sera le mieux placé pour faire gagner Valence en 2014.

Par Noubar KECHICHIAN - Publié dans : Municipales 2014
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 01:17

La fédération drômoise du Nouveau Centre a accueilli à Valence Hervé Morin, le lundi 23 janvier dans le cadre de sa campagne présidentielle : Cette visite a débuté par l'IUT de Valence.


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A cette occasion, Hervé Morin a pu découvrir les locauxet installations des différentes sections. Après des échanges informelles avec les étudiants, une table ronde avait ét organisée durant laquelle membres de la direction, enseignats et étudiant ont pu échanger avec Hervé Morin sur les thèmes des formations continue et par alternance, du Contrat Municipal Etudiant, et enfin de la LRU, de l'autonomie et de la reconnaissance des IUTs.

 

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Plus tard dans la journée, après une conférence de presse et une rencontre avec les bureaux fédéraux des NC26 et 07, Hervé Morin a participé à une réunion publique qui a réuni quelques 250 personnes et durant laquelle, il a présenté ses propositions pour relever la France.

Hervé Morin a consacré un long moment à échanger avec l'assistance autour du verre de l'amitié.

 

Cette journée organisée à Valence a permis au NC de se mobiliser et de prouver encore une fois, si cela était nécessaire, son encrage toujours plus important dans le paysage politique valentinois et drômois. Un grand merci à tous ceux qui ont permis la réussite de cette belle journée.

Par Noubar KECHICHIAN - Publié dans : Présidentielles 2012
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Dimanche 22 janvier 2012 7 22 /01 /Jan /2012 03:41

Pendant des années l’ascenseur social a été la traduction concrète du rêve républicain de l’égalité des chances. Des fils d’instituteurs passés par l’École Normale Supérieure accédaient aux plus hautes fonctions de la République en incarnant cette réussite.

Aujourd’hui cet ascenseur social est en panne. Il se crée une exclusion qui frappe à des degrés divers des fractions de plus en plus importantes de Français. Des populations marginalisées aux classes moyennes, une génération entière est actuellement en train de faire l’expérience pour la première fois dans l’époque moderne, d’une baisse de niveau de vie comparé à celui  de ses parents.

Les oubliés de l’égalité des chances sont de plus en plus nombreux.  

- Deux tiers des enfants d’enseignants et plus de la moitié des enfants de cadres ont un diplôme supérieur ou égal à Bac+3. Pour les enfants d’ouvriers non qualifiés ou d’inactifs, ce taux est de 10 %.

- Le taux de chômage des personnes en situation de handicap s'élève à plus de
20 %, soit près du double de la moyenne nationale.

- Les femmes sont souvent les salariées les plus précaires, avec des temps partiels subis. Pour les mêmes compétences et le même poste, elles sont payées en moyenne 20 % de moins que les hommes. L’inégalité est flagrante, tant dans le monde professionnel que dans la sphère politique : en 2009, seulement 18,5 % des députés sont des femmes.

- Dans les zones urbaines sensibles, le taux de chômage est jusqu’à deux fois supérieur à celui de l’ensemble du territoire, les jeunes étant les plus touchés, près de 40 % parfois.

Rétablir l’équilibre des chances, c’est à la fois redonner l’espoir à ceux qui sont exclus de l’accès à la réussite et placer chacun devant ses responsabilités. C’est à la fois refuser l’assistanat qui ne peut qu’être une solution provisoire et illusoire, et utiliser pour le bien commun des potentiels ignorés. C’est retisser du lien social et rétablir des relations humaines pour redonner corps à notre communauté nationale.

 

1. Donner sa chance à la France héritière de l’immigration

 

La diversité de la société française est une richesse et les quartiers populaires regorgent de talents, de jeunes qui déploient une énergie considérable pour réussir. Ces Françaises et ces Français héritiers de l’immigration sont une chance et une richesse pour notre pays dans un monde global. Cessons l’amalgame entre immigration et insécurité. Il y a tellement de talents dans nos banlieues que  même les Américains s’y intéressent ! Washington recrute nos jeunes diplômés directement dans les quartiers populaires de Paris, Lille ou Marseille, car les Américains savent que dans un monde globalisé, avoir deux cultures plutôt qu’une, c’est un atout. Parler trois langues au lieu de deux, c’est une chance pour faire la promotion de ses produits. 

Pour donner sa chance à la France héritière de l’immigration, il faut sortir du carcan des politiques de zonage des territoires pour s’adresser directement aux personnes.

Pour combler les limites de la politique de zonage, il est en effet nécessaire d’accorder une  place à l’individu, aux besoins particuliers, afin d’apporter une solution à chacun. Il faut diriger cette politique vers les individus qui concentrent les inégalités de revenus, de destin, de naissance et de formation, et ce, où que soit leur logement et quels que soient leur nom de famille ou leur couleur de peau.

Cette politique en faveur de l’équilibre des chances ne doit pas reposer sur des statistiques ethniques, car ce n’est pas notre culture, et surtout, ce n’est pas notre idée de la République. Cette politique doit se fonder sur des critères sociaux, qui sont les seuls valables pour définir les besoins, les attentes et ainsi trouver les bonnes solutions.

Pour assurer l’équilibre des chances nous devons porter l’idée d’une
« mobilisation positive »,  qui regarde avant tout chez les citoyens leur potentiel plutôt que leurs lacunes, qui voit en chaque individualité une richesse plutôt qu’un fardeau. Nous devons porter l’idée d’une société humaine, solidaire, et reconnaissante à chacun. Une société qui considère que les héritiers de l’immigration contribuent à la richesse et à la diversité de notre pays, de notre culture.

 

2. Changer notre regard sur le handicap

 

Malgré des améliorations sensibles, notamment depuis la loi du 11 février 2005, beaucoup reste encore à faire pour améliorer la vie quotidienne des personnes handicapées,  faciliter leur intégration dans la société française d’aujourd’hui et dans le monde du travail.

Les personnes handicapées qui ne sont pas en capacité de travailler vivent dans une situation matérielle et financière précaire. Le fait qu’elles aient de telles difficultés à emprunter auprès de leur banque est une injustice inadmissible. 

La question du handicap revêt également de nombreux aspects sociaux. La prise en charge demeure très inégale selon l’origine sociale de la personne handicapée. Les milieux modestes rencontrent des déficiences plus fréquentes et plus de difficultés concernant la gestion du handicap dans la vie quotidienne. 

La gestion du handicap ne doit pas être conditionnée à un niveau social, sous peine de mettre à mal de protection sociale « à la Française » : le bien-être et la prise en charge médical constituent des droits fondamentaux dans un pays comme la France.

Nous devons changer notre regard et renforcer l’insertion professionnelle des personnes handicapées, car les maintenir exclus du monde professionnel représente un véritable cout économique pour la société. Les handicapés ne sont pas des quotas !

Cela commence dès l’école, avec pour priorité la scolarisation des enfants handicapés dans les mêmes établissements que les enfants valides dès lors que cela est possible, avec les adaptations nécessaires de notre système scolaire et éducatif.

Si les entreprises rencontrent souvent des difficultés pour recruter des personnes en situation de handicap, c’est notamment parce que leur formation ne correspond pas aux besoins du marché. Les entreprises ont besoin de salariés de plus en plus formés, et il est parfois difficile de trouver des personnes en situation de handicap diplômées à bac+2. C’est pourquoi il faut aussi permettre leur intégration dans les universités et développer les formations des personnes handicapées dans les métiers de demain, dans les nouvelles technologies, par exemple.

Par Noubar KECHICHIAN - Publié dans : Présidentielles 2012
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 01:41

morin2012 Réussir l’après-crise, c’est réussir la transition vers une nouvelle croissance, créatrice de richesses et de bien-être supplémentaires. La « croissance verte » va s’appuyer en particulier sur les outils issus des nouvelles technologies de l’information, de la recherche et de l’innovation.


450 milliards d’euros d’activité économique et 600 000 emplois consolidés : c’est l’activité que devrait générer le développement durable d’ici à 2020. Le secteur le plus directement concerné est celui du bâtiment où plus de 300 000 créations d’emplois sont attendues, en particulier dans le secteur de la rénovation et de l’isolation thermique. Or aujourd’hui, faute de formation adaptée, il manque à la France 800 000 emplois par rapport à l’Allemagne dans les métiers de l’environnement.


Chacun doit se mobiliser – particuliers, professionnels et pouvoirs publics nationaux et locaux – pour tirer le meilleur parti du défi écologique et énergétique.

 

1. Réduire progressivement la part du nucléaire dans notre bouquet énergétique

 

C’est la voie de raison. Aujourd’hui, la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité est de l’ordre de 15 %, dont 12 % pour l’hydroélectricité. Il y a de ce point de vue une marge de progression très importante avec le photovoltaïque, l’éolien, la biomasse, la méthanisation. Il faut que l’État consacre un effort plus important à la recherche sur les énergies renouvelables. Il faut également poursuivre et amplifier les efforts en termes de maîtrise de la consommation énergétique dans le bâti afin d’agir sur la demande d’électricité. Il faut surtout que la politique énergétique soit, enfin, traitée à la maille européenne.

 

Compte tenu de ces enjeux, il faut raisonner par palier. Ramener la part du nucléaire à 60 % d’ici 15 ans constitue un objectif raisonnable pour une première étape. Il est tellement facile, comme le font certains, de s’engager à 30 ans sur de grands objectifs. Nous ne sommes pas dans la situation de l’Allemagne où la part du nucléaire est minoritaire.

Ne cachons pas aux Français les enjeux liés au démantèlement du parc de nos centrales nucléaires, mais aussi ceux liés à la construction de nouveaux réacteurs alors que 21 réacteurs ont aujourd’hui plus de 30 ans d’activité.

 

2. Une gestion intelligente et pragmatique de nos déchets

 

Notre société produit de plus en plus de déchets par habitant et par an (plus de 440 kg par habitant en moyenne en France). Cette production a plus que doublé en 40 ans, ce qui pose le problème de leur traitement et qui occasionne également un important problème environnemental. Les coûts de traitement ont aussi augmenté et le coût du transport explose puisqu’il représente 40 % de notre facture.

 

Nous proposons de favoriser le recours à la consigne dans nos comportements quotidiens. La consigne est écologique : les bouteilles consignées et rendues sont utilisables environ 20 fois, ce qui est source d’économies de matières premières et d’économies d’énergie significatives. La consigne est également citoyenne : elle implique un geste volontaire et responsable du consommateur, tout en l’intéressant pécuniairement à l’opération, et elle responsabilise par ailleurs la filière du verre. La consigne est enfin efficace : en Norvège, 96 % des bouteilles de bière et de boissons gazéifiées vendues sont rendues aux distributeurs. Au Québec, un dispositif exemplaire, Recyc-Québec, fonctionne parfaitement depuis des années pour la bière : plus de 98 % des bouteilles de bière sont réutilisées entre 8 et 10 fois.

3. Développer le recours aux énergies renouvelables

- Les biocarburants sont « respectueux » des hommes, des territoires et de l’environnement. Il faut continuer à promouvoir la filière industrielle du biocarburant en France, par un accompagnement fiscal approprié.

- Instaurer un tarif préférentiel de rachat d’électricité photovoltaïque pour les installations d’une superficie supérieure à 1 hectare réalisées sur des bâtiments industriels et commerciaux ou en couverture de parkings.

- Développer des réseaux de chaleur en milieu rural en utilisant les sous-produits forestiers et agricoles.

 

4. Inciter aux économies  d’énergie :

 

Inciter les entreprises de transport public et de transport de marchandises à mettre en place un module électronique d’éco-conduite sur les bus et camions, permettant une diminution des consommations de 5 à 10 %.

 

5. Améliorer la performance énergétique des bâtiments :

 

Pour les particuliers, maintien des crédits d’impôts pour l’isolation et le renouvellement d’installations de chauffage, avec la mise en place d’un taux bonifié à 25 % en cas « de bouquet de travaux » (isolation + changement de chaudière) et l’obligation de la réalisation préalable d’un Diagnostic de Performance Energétique (DPE) pour tous les propriétaires occupants.

 

6. Soutien au véhicule électrique :

 

Créer un fonds national de déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques (voitures et deux-roues), alimenté par des contributions des constructeurs automobiles, des producteurs d’électricité et par une taxe minime sur chaque véhicule vendu.

Par Noubar KECHICHIAN - Publié dans : Présidentielles 2012
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 00:39

Chers amis, le 23 janvier, la loi punissant les négationnistes, poursuivant sa navette parlementaire sera présentée au Sénat. Nous entendrons malheureusement à nouveau les oiseaux de mauvais augure avancer des raisons plus mauvaises les unes que les autres de ne pas voter cette loi.

 

99% des personnes qui s'expriment sur cette question ne remettent pas en cause la vérité historique. Ils reconnaissent tous que c'est un génocide qui a été commis contre le peuple arménien. Ce qui me choque, c'est que certains ne souhaitent pas que soient punis ceux qui nient cette réalité. En permettant la négation de ce génocide, ces personnes se rendent-elles compte qu'elles encouragent  la négation de l'histoire de tout un peuple et des personnes qui ont survécu sur les 5 continents ? Qu'elles donnent un blanc seing au Gouvernement turc négationniste pour harceler les descendants des survivants, génération après génération de 1915 jusqu'à nos jours ? Qu'elles tolèrent l'insulte à la mémoire des victimes ? Qu'elles encouragent les agressions racistes et ethniques ? Qu'elles promettent une impunité pour ce crime imprescriptible contre l'humanité ?

 

Les prises de positions contre cette loi sont profondémment offensantes et blessantes !!! Et c'est tout cela que cette loi va empêcher et rendre ainsi un début de justice au génocide de 1915.

 

Je vous propose de trouver ci-dessous la réponse de Bernard-Henri Levy aux opposants de cette loi :

 

 

Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy - Réponse aux historiens qui voudraient dissuader le sénat de voter la loi sur le négationnisme antiarménien. 

Ils disent en substance ( appel de Blois, 11 octobre) : « ce n’est pas à la loi d’écrire l’Histoire ». Nul ne demande cela. Nulle part il n’est question d’inviter qui que ce soit à se substituer aux historiens. Et ce pour la bonne raison que l’histoire du génocide est écrite depuis longtemps-et ce pour l’excellente raison que, même si l’Ecole française y brille souvent par son absence, il existe une masse de travaux qui vont du « Livre bleu » d’Arnold Toynbee (1916) au courageux « A Shameful Act » du Turc Taner Akcam (2007) et qui établissent, sans discussion, que la Turquie de 1915 a bien été le théâtre d’une de ces tentatives d’extermination méthodique, planifiée et sans reste que l’on appelle, depuis Nuremberg, un génocide. Ce que l’on demande aux sénateurs, c’est juste d’en prendre acte. Ce que l’on attend d’eux, c’est, l’Histoire étant écrite, d’écrire une loi sanctionnant cette continuation du crime qu’est, en fait, le négationnisme.


Ils disent : « cette loi va terroriser les historiens, les enfermer dans un carcan politiquement correct qui les empêchera de travailler ». Là encore, de qui se moque-t-on ? Et comment ose-t-on proférer pareil argument quand on sait qu’il n’y a, dans cette affaire, qu’un terrorisme pour de vrai : celui qui, en Turquie, stigmatise et, parfois, tue les historiens du génocide ou ceux (Hrant Dink) qui les chroniquent ? Ce ne sont pas les lois, ce sont les négationnistes, qui terrorisent les historiens. Elles ne sont pas là, ces lois, pour embarrasser les chercheurs, mais pour les débarrasser de cette plaie, de cette pollution, que sont les faussaires. Tenons-nous-en à la seule de ces lois qui, à ce jour, fonctionne bien. Considérons le cas de la loi, dite Gayssot, pénalisant la négation de la Shoah. C’est une loi anti-Le Pen. C’est une loi anti-harcèlement antisémite. Je mets au défi les signataires de l’appel de Blois de citer un seul chercheur dont elle ait entravé la liberté de recherche et d’expression.


Ils disent : « attention aux lois mémorielles ! car c’est une boîte de Pandore : aujourd’hui les Arméniens ; hier les pieds-noirs et leur "oeuvre civilisatrice" ; demain les albigeois ; les aristocrates guillotinés ; où s’arrêtera-t-on ? ». C’est ajouter, cette fois, la confusion à l’aveuglement. L’offense à la confusion. Et c’est prendre, pour le coup, les sénateurs pour des crétins. Car il n’y a pas eu cent génocides, Dieu soit loué, au XXe siècle. Ni dix. Mais à peine cinq. Les juifs et les Tsiganes. Les Tutsis. Les Cambodgiens. Peut-être le Darfour. Et, donc, le premier d’entre eux-dont s’inspirera Hitler et qui visa les Arméniens. Ne pas comprendre cela, mettre dans le même sac un débat sur le colonialisme et cet outrage à la mémoire des morts qu’est la négation du fait qu’ils sont bien morts, loger à la même enseigne l’historien Pétré-Grenouilleau persécuté au nom d’une loi mémorielle mal faite et l’assassin de papier Faurisson dont une loi antinégationniste bien formée a discrédité les « travaux », voilà qui n’est pas digne des signataires de cet appel « pour la liberté de l’Histoire ».


Les signataires disent encore, en marge de l’appel proprement dit : « pourquoi la France ? pourquoi une loi dans un pays qui ne fut pas partie prenante à la tragédie ? ». D’abord ce n’est pas si sûr ; et on connaît deux cas au moins (ceux, en 1919, documentés-entre autres-par les missions franciscaines, de Marache et de Hadjine, en Cilicie) où l’armée française manqua à son devoir de protection et se conduisit, mutatis mutandis, comme les Casques bleus de Srebrenica. Mais, surtout, l’argument n’a pas de sens s’agissant d’un crime dont la définition même implique qu’il affecte l’humanité de l’homme et qu’en est donc comptable le genre humain dans son ensemble. Ou bien la notion de crime contre l’humanité a un sens et nul ne saurait s’en exempter. Ou bien tel ou tel se défausse : « je n’ai pas tenu l’arme ; je n’ai fait que laisser faire »-et, alors, il faut renoncer au concept, aux conventions qui l’ont fondé, aux jurisprudences qui l’ont conforté, aux travaux de Rafaël Lemkin, à la Charte des Nations unies. Est-ce bien ce que l’on veut ?


Et puis les historiens en bataille supposent enfin que la vérité a sa force, son ressort, qui devraient se passer du renfort de la puissance publique. C’est faire bon Marché, cette fois, de la singularité de ce négationnisme-ci. Les négationnistes, d’habitude, sont des hurluberlus. Des maniaques. Des professeurs marginalisés ou sans chaire. Là, ils s’adossent à un pays-la Turquie. Il s’agit d’un négationnisme, non de secte, mais d’Etat-qui dispose des moyens de pression, d’intimidation, de chantage, d’un grand Etat. Les Arméniens, en d’autres termes, sont dans la situation où seraient les juifs si l’Allemagne, après Hitler, n’avait pas fait ce travail de mémoire et de deuil auquel elle s’est vertueusement astreinte. Et c’est la dernière raison qui fait que j’étais ce samedi, avec Serge Klarsfeld et d’autres, aux côtés des milliers de manifestants, souvent très jeunes, qui se tenaient là, à Paris, face au Sénat, pour dire : « nous sommes français ; d’origine arménienne mais, d’abord, français ; et c’est ce qui nous fonde à demander, face à l’insoutenable violence de ce négationnisme d’Etat, la protection de la loi française ».

 

LE POINT

Publié le 27/11/2008 N°1889 Le Point

Par Noubar KECHICHIAN - Publié dans : Point de vue
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Bonjour,

Adjoint au Maire de Valence de 1995 à 2008 en charge du développement socio-éducatif, et actuellement Conseiller Municipal d'opposition, j'ai souhaité créer ce blog pour échanger avec tous ceux qui s'intéressent à la vie politique, économique, sociale et associative de Valence.

Merci de votre visite et pour vos éventuelles remarques et propositions.
Vous pouvez aussi me contacter par mail : noubar.kechichian@yahoo.fr

Cordialement

Noubar KECHICHIAN

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